Sous le Chapiteau, à l’heure de l’apéro, la Nuit du mercredi s’ouvre avec un solitaire. Échappé du groupe post-punk Ought, le chanteur Tim Darcy s’écarte des bourrasques électriques pour embrasser des chansons apaisées et terriblement convaincantes. Seul dans sa chemise immaculée, l’artiste donne vie aux titres de son album « Saturday Night« . Guitare à la main, le Canadien enroule sa mélancolie dans des compos qui doivent beaucoup à Lou Reed, Roy Orbison ou Morrissey: des hymnes de dandy joués avec un véritable supplément d’âme. Une belle entrée en matière.

Champ de pâquerettes et roulés-boulés

Juste derrière, c’est Ryley Walker qui s’y colle. Le troubadour américain débarque aux Nuits Bota en compagnie d’une belle bande de babas cools. Barbes à poux, cheveux longs ou bouclés, clochettes et chemises de bûcheron plantent le décor d’un concert convivial, bucolique et parfaitement maîtrisé. Chez Ryley Walker, les traditions country flirtent avec le jazz, tandis que le folk-rock brûle des bâtonnets d’encens dans le cabinet des curiosités psychédéliques. Tout sourire, les musiciens ravivent les trésors de Tim Buckley, John Martyn ou Terry Callier dans des chansons idéales pour se prélasser au soleil ou s’offrir quelques roulés-boulés dans un champ de pâquerettes. Impeccable, trop court, le concert émerveille à 360 degrés, offrant de bonnes vibrations à un public éclectique : connaisseurs ou simples curieux, consommateurs de thé ou buveurs de bière, folkeuses en goguettes ou rockeurs à lunettes, tout le monde y a trouvé son compte.

Claque ou fessée ?

Dans la Rotonde, Cherry Glazerr met le feu aux poudres. Entre glamour et chaos, décharges électriques et caresses érotiques, le groupe emmené par la charmante Clementine Creevy parvient à conjuguer grunge et glamour dans des morceaux à l’énergie contagieuse. Avec ses refrains pop et sautillants, son amour pour la distorsion et sa petite fièvre punk, Cherry Glazerr fait sensation. Féministe et sexy, le rock du groupe californien suit les traces de The Go-Go’s et Blonde Redhead en marchant avec insolence sur les plates-bandes de Nirvana. Entre les morceaux, Clementine Creevy ricane comme une possédée, tout en racontant des blagues bizarres. « Désolé pour l’humour », prévient-elle. « Nous tournons sans arrêt depuis près de six mois. » À l’exception des plaisanteries, l’affaire tient sérieusement la route. On s’est pris une bonne claque. Voire une fessée.

Un ange passe

Tête d’affiche du Chapiteau, Angel Olsen envoûte son auditoire du haut d’un chant céleste. Accompagnée d’un groupe de bal – qui joue bien mais n’apporte absolument rien à la magie originale –, l’artiste expose les charmes de son dernier album, le délicieux « My Woman ». Fille cachée de Roy Orbison et Cat Power, l’Américaine embrasse la pop entre deux décharges électriques, jonglant habilement entre nouveaux et anciens morceaux. Les cheveux balayés par un ventilateur, l’artiste pose les lèvres derrière son micro pour délivrer des instants d’une beauté fatale. Comme tombée du ciel, Angel Olsen décoche une flèche dans le cœur des festivaliers et prolonge son histoire d’amour avec le public.

ifeddal

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