Votre grand-mère a peut-être déjà essayé de vous y mettre, mais vous n’aviez pas l’envie ni le temps de rester deux heures assis à une table à démêler une pelote de laine. Pourtant, ces activités ancestrales reviennent au goût du jour. 5 raisons de passer à la pratique, avec les témoignages de pratiquants plus ou moins piqués.

Pour la simplicité

Il y en a pour tous les goûts et pour tous les niveaux, et même pour le plus grand des débutants, il est possible de s’y épanouir. La preuve ? De la génération X à la génération Z, ils s’y mettent tous ! « Je ne sais faire que le même geste mais ça suffit à réparer les trous et les entailles ». Etienne, 24 ans, s’est mis à repriser les accros de ses vêtements après que sa mère lui a montré quelques principes de base. « J’ai trouvé ça assez accessible et intuitif, et ça m’a donné un sentiment de satisfaction génial de pouvoir prolonger la durée de vie de mes vêtements ». Ce sentiment de fierté ressenti par Etienne, beaucoup semblent l’éprouver également pour le côté manuel et fait-maison.

Pour le plaisir du fait-maison

Avec un peu de matériel et d’envie, on peut créer, personnaliser, réparer un grand nombre de vêtements. Léonie, âgée de 27 ans et grande pratiquante de couture, broderie et tricot, adore choisir ses matériaux, et prend beaucoup de plaisir à fabriquer des étoles ou des écharpes. Il y a des périodes plus propices que d’autres. « L’été, j’en fais beaucoup plus souvent, en prévision de l’hiver ».

Plus globalement, redonner du sens à sa consommation est un besoin qui devient de plus en plus impérieux, surtout chez les plus jeunes, dans le monde du tout-jetable et tout-consommable. La génération Z serait en effet celle qui serait la plus concernée par l’envie de moins consommer.

Pour prendre goût à la lenteur

Bernie Torres, 39 ans, la tricoteuse derrière le compte In the Wool for Love, raconte avoir appris le tricot quand elle était enfant, mais sans jamais se passionner pour cette pratique ancestrale. C’est à l’âge adulte, alors qu’elle travaille dans le domaine de la communication, qu’elle ressent le besoin d’une activité manuelle. Grâce à un « Apéro Tricot » dans le Marais à Paris et quelques tutos Youtube, son aisance revient vite et elle commence à créer des headbands, puis des tee-shirts et même des sweats. Ce qui unit les tricoteurs ? « C’est très long, de créer un vêtement en tricot, ça oblige à prendre le temps nécessaire pour finir un ouvrage. Le tricot a aussi des vertus relaxantes, anti-stress et méditatives très appréciées des tricoteurs et des tricoteuses et autres mordus du fil ».

Ambre, 16 ans, s’est mise au crochet pendant le confinement, en tombant sur du matériel chez elle. Sa mère et quelques tutos lui permettent d’apprendre vite et de réaliser une écharpe et une housse de coussin en deux mois. « C’est long car des fois il faut défaire puis refaire une partie, mais je trouve ça très relaxant ». Sa source d’inspiration principale, comme pour beaucoup, est Pinterest, le réseau social incontournable des activités manuelles.

Parce que c’est innovant

Bernie Torres, n’hésite pas à croiser différents univers avec celui du tricot. Elle a ainsi collaboré avec Sézane sur le projet solidaire « DEMAIN », qui soutient l’égalité des chances, et met régulièrement en avant des designers de tricot sur son compte Instagram. Elle-même n’a jamais arrêté de travailler à côté de sa passion, qu’elle vit en électron libre. « Notre communauté est très riche et variée, il y a de vrais geeks du tricot mais aussi des dilettantes qui font ça beaucoup plus occasionnellement ».

Audrey, âgée de 42 ans, brode depuis une dizaine d’années. Elle apprécie la facilité avec laquelle on peut créer et imaginer de nouveaux modèles avec la broderie. Un outillage très léger et un contact assez instinctif avec la matière, c’est comme ça qu’elle a appris sur le tas, en « bidouillant ». « Quand ça devenait trop technique, ça me soûlait. J’ai beaucoup appris en ratant et en essayant de nouvelles choses ».

Son premier succès arrive avec la broderie sur papier : elle y brode des cartes de villes, pour le plaisir et au gré des commandes qu’elle reçoit. Le fil de la broderie est pour elle un symbole de transmission, car ses deux grands-mères et son arrière-grand-mère étaient elles-mêmes brodeuses. A leur époque, cette activité, considérée comme domestique, est fortement conseillée aux femmes. Aujourd’hui, Audrey est fière de détourner cette pratique en brodant par exemple des femmes artistes méconnues. Elle cite Louise Bourgeois en inspiration, une sculptrice et plasticienne française qui a également fait du détournement de la broderie une arme de choix.

Parce que c’est bon pour la planète

Faire un vêtement soi-même ou en recoudre un se combine idéalement avec les idées de la slow-fashion. Elle permet de s’éloigner de la grande distribution, car un vêtement fait par soi-même possède une valeur ajoutée qu’aucun top de chez Zara ne peut égaler. Mais les matières premières comme la laine ne sont pas toujours une panacée écologique. Léonie reste critique sur certains circuits très polluants du commerce de la laine, qui se rapprochent de ceux de la grande distribution par leur taille et les aberrations sociales et environnementales qu’ils entraînent.

Bernie Torres donne quelques conseils. « Il faut faire très attention à la provenance des laines si l’on veut s’inscrire dans une démarche écologique. Les filatures européennes, ou carrément françaises, comme les laines artisanales creusoises, réputées dans le monde entier, sont mieux sourcées et naturelles ».

ifeddal

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