Le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, en avait fait le souhait en septembre dernier. Interdire de diffuser sur internet des images qui laisseraient apparaitre des visages de policiers ou de gendarmes dans l’exercice de leurs fonctions, ainsi que « tout élément permettant leur identification ». Cet acte pourrait bientôt coûter jusqu’à un an de prison de 45.000 euros d’amende. C’est l’article 24 de la proposition de loi sur la « sécurité globale » qui arrive ce mardi dans l’hémicycle pour être débattue jusqu’au 20 novembre.

« C’est une atteinte à la presse et aux citoyens, ça va assurer une impunité aux forces de l’ordre dans l’exercice des manifestations » – Manu du collectif Marseille Révolté, qui organise la manifestation marseillaise

Hasard du calendrier ou pas, c’est aussi ce 17 novembre l’anniversaire des gilets jaunes. Ils ont deux ans et font partie des opposants à ce projet de loi, comme de nombreux collectifs et associations. Pour eux, cette loi empêcherait par exemple de pouvoir dénoncer des violences policières ou des affaires comme celle d’Alexandre Benalla. Ils organisent donc ce mardi des manifestations (statiques et dans le respect des normes sanitaires), notamment à Marseille, à 18h place des Chartreux, et Aix-en-Provence, à midi, place de la Mairie.

« Cette loi est nécessaire. C’est malheureusement assez régulier que des collègues soient identifiés en train de faire leurs courses en famille, qu’ils soient menacés verbalement, ou d’autres suivis hors service jusque chez eux… Subir des dégradations de leurs véhicules, des tags, ou toute autre forme d’intimidation ou de violences » – Sébastien Greneron, secrétaire départemental adjoint du syndicat policier Alliance 13

D’autres articles font débat : l’article 22, qui autorise l’utilisation de drones pour surveiller les manifestations, et l’article 21, qui stipule que les images enregistrées par ces drones, et celles enregistrées par les caméras individuelles des policiers peuvent être « transmises en temps réel au poste de commandement ».

« Ces images peuvent être archivées et avec des algorithmes de reconnaissance faciale, on peut être identifié et surveillé. Cela peut dissuader les citoyens de manifester » -Marcelle Duchamp d’Extinction Rébellion, collectif défenseur de l’environnement qui participe à la mobilisation contre cette loi

ifeddal

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *